La tyrannie libertaire

Home/Politique, Société/La tyrannie libertaire

La tyrannie libertaire

Henri Hude (photo ci-contre) est l’auteur de ce texte critique des thèses de John Rawls ; il a été re-titré et légèrement modifié pour faciliter sa diffusion par R-évolution.

De tous les philosophes contemporains qui consacrent ou ont consacré leurs réflexions aux questions morales et politiques, John Rawls est incontestablement le plus connu. Né en 1921 dans une riche famille de Baltimore, il entre à l’université de Princeton en 1939. Il interrompt ses études pour rejoindre l’armée et participe à la guerre du Pacifique. De retour à la vie civile, il pose les bases d’une recherche qui l’occupera plus de vingt ans et qui aboutira, en 1971, à la publication de : « A theory of justice » socle idéologique de la « tyrannie libertaire ».

La théorie postmoderne de John Rawls

la fin du bien commun et le principe

de légitimité du totalitarisme libertaire

John Rawls

La théorie de John Rawls peut se résumer en trois points :

1/ Une société libre ne peut pas avoir de doctrine au sujet du bien.

Partant d’un axiome : une vérité du bien est intolérante, totalitaire, discriminante entre les « identités ». Il conclut : il faut donc rester neutre entre des « conceptions du bien », que l’on réputera purement privées, et donc tolérer, en théorie et aussi dans la pratique sociale, toutes les actions dont la tolérance pratique est impliquée par cette neutralité axiologique.

2/ On ne peut pas en rester au premier point, autrement tout serait permis.

Le libertarisme des opinions nous aurait menés au libertarisme total des actions, nous serions donc conduits à la loi du plus fort et il n’y aurait plus de justice. Un principe objectif de limitation de l’arbitraire est donc nécessaire. Malheureusement, des formules du genre : « La liberté de l’un s’arrête où finit celle de l’autre » n’ont aucune utilité dans la plupart des cas litigieux, à savoir quand ces libertés sont en désaccord précisément sur la fixation de cette frontière.

3/ En conclusion, il faut, dans une société libre, malgré la neutralité axiologique sur les valeurs, une règle de justice, à la fois « objective » et non liée au « bien », fournissant l’art de vivre en paix malgré les désaccords sur « le bien ».

Il ne faut donc pas, selon Rawls, une règle de justice fondée religieusement, ou métaphysiquement, voire anthropologiquement (en Dieu, en Nature ou en Raison), ni comportant des contenus qui impliqueraient la référence à un tel Fondement ou à une idée de l’Homme. Autrement nous contredirions la première prémisse. Mais il faut cependant une règle objective. L’indispensable objectivité de cette règle de justice ne doit donc pas, estime Rawls, dériver de l’objectivité de l’idée du bien ou de l’objectivité du Fondement – celui-ci ne fût-il rien de plus qu’une Raison humaine-transcendantale.

Le problème est-il insoluble ?

Rawls pense que non, car à partir de l’idée d’impartialité-neutralité, nous pourrions identifier, pense-t-il, des règles vraiment objectives, au sens d’indépendantes de tout intérêt particulier, de tout favoritisme ou partialité, mais qui ne seraient toutefois pas solidaires d’une « conception du bien ».

Pour remplacer une culture de référence, il existerait une procédure de référence, dite « voile d’ignorance », qui fournirait le moyen de déterminer une justice impartiale, une loi morale-politique à la fois objective et non totalitaire, appropriée à une cité libre.

La solution ? La fameuse procédure de Rawls, baptisée « décision sous voile d’ignorance » !

Lorsqu’il faut décider (effectuer un choix public), la bonne méthode serait de faire la loi en imaginant qu’on ne sait pas qui l’on est. Elle serait donc de nous placer au point de vue d’un individu ne connaissant pas sa propre identité. Car, aussi égoïste et partial que puisse être cet individu sans identité, il aurait probablement peur de se faire tort en posant une loi qui brimerait l’une ou l’autre des identités, celle qui pourrait bien s’avérer être la sienne en réalité.

Si l’on appliquait cette procédure, il n’y aurait plus de risque de totalitarisme et toutes les identités du monde pourraient vivre en paix, grâce à une loi fondamentale aussi objective que la loi naturelle, mais détachée de toute identité et fondée seulement sur la double peur de l’état de nature et du totalitarisme.

Rawls essaye, en somme, de former une idée de la justice, qui conjuguerait deux ensembles de caractéristiques normalement incompatibles :

1/ objective et transcendante, c’est-à-dire située au-dessus des individus et des groupes, nullement sujette à leur arbitraire.

2/ purement humaine et ne transcendant en rien les individus, pas même sous forme d’une raison humaine-transcendantale.

Le raisonnement de Rawls semble à première vue aussi facile que convaincant, mais il appelle plusieurs observations critiques

L’art de la paix, hélas, est plus subtil et difficile qu’il ne le croit. Contrairement aux intentions de son inventeur, tout ce système commence par la tolérance et finit par l’intolérance.

Il commence par le libéralisme éthique et finit par un ordre moral à rebours.

Mais tout d’abord, nous nous demanderons s’il y a place toutefois pour une généralisation de cette théorie de la justice, qui lui éviterait de n’être qu’une imposture. Et, même, de dégénérer dans les faits en « doctrine injuste de la justice ».

La théorie de John Rawls postule que la décision juste est celle que prendrait un individu méthodiquement sans identité. La théorie prévoit que cet individu serait neutre, impartial, intéressé à l’équité et à l’égalité entre les identités. Malheureusement, l’expérience contredit la théorie. Voici ce qui se produit en fait : la diversité fantasmée devient une monoculture libertaire

L’INDIVIDU qui se veut méthodiquement « sans identité » devient un individu systématiquement anti-identité. Plus encore, il se retrouve bientôt doté d’une identité négative. Il voulait, par méthode, être neutre, impartial, équitable entre tout, pour être juste. Il en vient, par principe, non plus à tolérer n’importe quoi, mais à favoriser LE n’importe quoi.

Il se voulait au-dessus des partis et voilà que nous le découvrons a priori du parti de la destruction et du néant.

En un mot, comme il est impossible à l’homme de ne pas avoir d’identité et de ne pas décider par identité, cet individu qui voulait être méthodiquement neutre entre tout se retrouve systématiquement partisan de l’anti-tout. Il se retrouve muni d’une identité dont le contenu est de vouloir différer de toutes les autres et de les nier toutes. Et le seul contenu positif de cette absurdité, c’est le néant.

Le nom d’un tel système, c’est le nihilisme

L’évacuation des diverses identités a donc juste laissé la place à une unique identité nihiliste. Et l’imposition de la monoculture nihiliste se fait sous couvert d’une méthode impartiale et sous prétexte de respecter la diversité. Mais de diversité, il n’y en a pas. Nous sommes tous unis dans une diversité postiche. Il n’y a qu’une seule pensée, nihiliste ; une seule culture, nihiliste ; un seul ordre moral, nihiliste. Et vous avez le droit de penser absolument n’importe quoi, à condition de penser que ce n’est que n’importe quoi. Par conséquent, vous n’avez pas le droit de croire à quelque chose, mais seulement le droit de croire à N’IMPORTE QUOI, c’est-à-dire en RIEN.

Le vide d’une amnésie méthodique s’est transformé en trop-plein de ressentiment nihiliste. L’individu n’a abandonné ses identités non-nihilistes que pour se structurer autour d’un dogme nihiliste qui devient le noyau de son identité. Il s’agit bien d’une nouvelle identité substantielle (une conception particulière du bien et de l’homme), mais construite à partir d’une règle d’impartialité, vite devenue préjugé de neutralité, transformée pour finir en parti-pris de négativité.

L’individu méthodiquement sans identité devient un individu passionnément sans identité, ou, ce qui revient au même, un individu s’identifiant à une passion de ne pas avoir d’identité, ou encore (comme on ne peut pas ne pas en avoir une), un individu s’identifiant à une sorte de haine des identités (et surtout d’abord de la sienne propre). Le noyau de l’identité, c’est l’amour du néant. 

L’identité nihiliste ne tolère pas les identités réelles, ou naturelles, ou historiques, ou rationnelles, et distinctes. Et sa haine intolérante, elle l’appelle tolérance. Tous ceux qui résistent, elle les stigmatise.

Déjouer le stratagème

Quant à ceux qui n’ont pas compris le stratagème, ils sentent bien qu’ils se font manœuvrer, mais n’ont pas les moyens de réagir autrement qu’en s’énervant, ce qui permet à l’identité libertaire de les stigmatiser davantage encore.

Maintenant, dans les formules précédentes, nous pouvons remplacer le terme général « identité » par les expressions particulières « identité religieuse », « identité philosophique », « identité nationale », « identité sexuelle », « identité économique », etc. Nous nous rendons compte alors que la méthode de l’« individu sans identité » nous installe dans le système parfaitement défini de l’identité de négation.

Cette prétendue tolérance postmoderne ne résout donc en rien le problème de la tolérance. L’identité nihiliste agresse les autres, et s’impose, sous le voile d’une prétendue méthode visant au respect des identités. Dans le meilleur des cas, la méthode a été trahie et dévoyée. Il est évident que le souci de neutralité entre les identités n’est pas ici authentique, mais prétendu. À partir du refus de toutes les identités a été définie une identité nouvelle, particulière et parfaitement distincte. Et on se sert d’une rhétorique tolérantiste pour imposer une domination culturelle nihiliste.

Cette identité dominante, passionnément nihiliste et transgressive, prend plaisir à humilier et bafouer ce que les autres identités considèrent comme sacré. Et quand les autres protestent, ils sont stigmatisés comme intolérants.

Cette imposture continuera à fonctionner, aussi longtemps qu’il ne sera pas devenu trivial et de sagesse commune, que l’individu méthodiquement sans identité (avec sa soi-disant procédure équitable sous voile d’ignorance, etc.) n’est qu’une mauvaise blague, une ruse, un stratagème pour donner le monopole du pouvoir culturel aux identités nihilistes qui renforcent l’impuissance du peuple.

La dictature d’un ordre moral à rebours
Comment le pseudo-pluralisme discrimine en prétendant pratiquer la non-discrimination ? Dans la pratique, l’identité libertaire impose sa dictature

L’individu libéral, pour décider avec justice, faisait méthodiquement comme s’il ignorait son identité. Le voilà devenu libertaire, un individu à identité transgressive, négatrice et nihiliste, qui se montre intolérant, culpabilise les autres, monopolise la légitimité, impose son pouvoir et règne par l’imposture.

L’identité libertaire se présente comme une non-identité, une simple impartialité-neutralité. Mais, comme il n’en est rien, il s’agit en réalité d’une identité particulière (et particulièrement agressive) camouflée comme non-identité, comme procédure de respect de toute identité, et promue sous ce masque au rang de seule identité capable et digne de servir de fondement à la légitimité des pouvoirs, à la décision publique en démocratie.

Bien plus, comme aucune des autres n’est soi-disant dans son cas, toutes ces autres sont exclues de l’espace public, au motif qu’elles y seraient nécessairement discriminatoires, si elles y étaient admises, en tant que principes de décision publique.

Et voici donc l’identité nihiliste, transgressive, renégate, etc. en position de culpabiliser toutes les autres, et de leur imposer silence, sans avoir elle-même à adopter la moindre réserve. La voici même installée officiellement dans l’espace public, s’étalant comme l’identité publique de référence, l’identité privilégiée, s’affirmant comme l’identité d’État et comme la plus puissante référence culturelle — et ses tenants deviennent LE pouvoir spirituel.

Mais, en même temps, la voici présentée comme un non pouvoir, une impartialité-neutralité, une simple procédure utile et bienveillante, une simple forme qui bénéficie à tous.

Ainsi, non seulement l’identité négative domine sans partage, mais encore sa domination est une continuelle imposture.

La discrimination subie par tous les non-nihilistes de la part des libertaires nihilistes

Ainsi, l’identité négative discrimine en usant de l’arme de la non-discrimination ; la marque de fabrique de son intolérance est l’hypocrisie. Elle appelle discrimination toute relativisation de l’identité nihiliste, cependant que cette même identité nihiliste relativise radicalement toutes les autres, pire les considère toutes comme discriminantes, potentiellement, elle seule ne l’étant pas, mais étant seule juste et impartiale, par définition.

L’appel à la non-discrimination — en lui-même juste — fonctionne alors comme un stratagème permettant de discriminer toutes les identités non arbitraires, et de traiter une foule de gens (= tout le monde, sauf les nihilistes) en citoyens de seconde zone, mis en marge de l’espace public, et sans permettre auxdits discriminés de se plaindre de la moindre discrimination, sous peine d’en être accusés eux-mêmes.

Grâce à ce brillant stratagème, cette identité transgressive et dominante pourra brimer toutes les autres identités au nom de la tolérance, les éliminer au nom du pluralisme et les tyranniser au nom de la démocratie.

Cela est admirable comme un crime parfait. On n’aurait jamais cru que l’hypocrisie puisse aller jusqu’à faire que la vertu rende hommage au vice.

Assurément, il n’y a pas à chercher là la moindre apparence de justice, en aucun sens possible du mot. La prétendue méthode impartiale n’est qu’un prétexte pour discriminer les autres au nom d’une soi-disant non-discrimination, et elle n’est évidemment pas impartiale.  Ce n’est pas une procédure neutre. Au contraire, elle ne fait qu’exprimer, servir et favoriser outrageusement l’identité négative et celle-là seule.

Il en résulte que, sous le « voile d’ignorance », un individu non manipulé et correctement informé des faits objectifs commencerait par rejeter cette procédure de « voile d’ignorance », comme un simple stratagème, un rideau de fumée, inventés par une identité négatrice en mal de domination par ruse, et avec laquelle une personne de bonne foi aurait honte de s’identifier plus longtemps, si par hasard c’eût été la sienne.

Peut-on sauver la théorie moderne de la justice ?

Avant d’aller plus loin, demandons-nous si l’on peut sauver la théorie postmoderne de la justice, autrement dit : peut-on cesser de discriminer sous couvert de non-discrimination ?

La question est de savoir si la clé de voûte de la théorie, c’est-à-dire la fameuse « procédure impartiale », qui ne l’est pas du tout, peut être amendée pour devenir réellement impartiale, si possible.

Donc, à supposer que l’on veuille sauver cette procédure et utiliser malgré tout, valablement, le voile d’ignorance, il faudrait commencer par inclure l’identité nihiliste au nombre des identités entre lesquelles s’imposerait l’impartialité. Chacun voit aisément que l’on en est loin !

Il faudrait aussi prendre les mesures et précautions propres à prévenir les abus dont nous venons de parler.

La discrimination nihiliste

Comment empêcher que la procédure du voile d’ignorance (c’est-à-dire décider en supposant qu’on ne connaît pas sa propre identité) ne procure le moindre privilège à l’identité négatrice ? Pour y parvenir, il faudrait évidemment définir plus largement la discrimination, en y incluant la « discrimination nihiliste », qui consiste à discriminer les identités non nihilistes au profit de l’identité nihiliste.

Malheureusement, cette fameuse méthode postmoderne de décision juste, une fois amendée de cette manière, ne sert plus à rien pour déterminer une loi « impartiale ». Car il est évident que la loi dite impartiale est nécessairement partiale en faveur du nihiliste. Et que donc n’importe quelle décision prise sous le voile sera forcément partiale, du point de vue de la théorie. Et donc, sous le voile, on décidera seulement de ne pas décider sous le voile, si on décide au moins de décider.

En somme, si l’on commence par prendre ces précautions équitables, la procédure n’est plus de la moindre utilité, puisqu’elle ne permet plus dès lors de décider quoi que ce soit.

Ceci nous ramène à la pure situation de départ, dont Rawls voulait nous faire sortir : un relativisme des opinions qui déboucherait sur la permission de n’importe quoi, et donc ou l’indécision ou le droit du plus fort et la violence.

Justice injuste ou justice impossible

En résumé, ou bien la théorie postmoderne de la décision juste est injuste ; ou bien elle ne permet pas de décider.

Il reste donc à trouver d’autres moyens pour poser un principe de justice objectif (ne débouchant pas sur le droit du plus fort ou du plus arrogant). Pas facile. Mais ce dont on est au moins sûr, c’est que ce principe ne peut pas être procédural. En ceci, la théorie postmoderne de Rawls n’aura pas été tout à fait inutile, puisque c’est elle-même qui permet de l’éliminer du nombre des hypothèses possibles.

De la pensée unique au parti unique, de la démocratie à l’autoritarisme ploutocrate : la fin du bien commun

La « doctrine injuste de la justice » se présente comme la meilleure garantie possible du pluralisme politique raisonnable. En théorie, les peuples auront toujours le choix, grâce à cette doctrine, entre plusieurs partis concurrents et entre plusieurs politiques concurrentes, inspirées par les intérêts économiques réels et les forces spirituelles vives de la société, tous et toutes respectueux des autres. Or, il s’agit d’une mystification. En réalité, les anciens peuples jadis libres, désormais formatés ou manipulés par une idéologie unitaire, privés de classiques et de tradition, enfermés dans la bulle de la « Matrice » médiatique, enfumées par la « doctrine de la justice », n’ont plus le choix, aux élections, qu’entre des clones, réputés différents, d’une seule et même politique qui lamine tout sur son passage : culturellement amnésique, politiquement technocrate et oligarchique, économiquement ploutocratique – de plus sans aucun principe de moralité naturelle, et néanmoins moralisatrice, inhibitrice et culpabilisatrice.

De la privatisation du bien à la privatisation tout court

La privatisation du bien conduit donc en réalité à imposer une seule et même politique idéologique de privatisation maximale à l’univers entier et cela pour l’éternité.

Le concept de « bien » est pour chacun d’entre nous le critère suprême impliqué dans toutes nos décisions, dans tous nos jugements pratiques. Or la doctrine de John Rawls procède à la privatisation de ce concept. Elle pose comme idée commune du bien, cette privatisation même. Le contenu d’une politique unique de privatisation intégrale est évidemment préformé en totalité dans le critère du bien ainsi privatisé.

Si en effet le principe (le bien) est radicalement privé, toute application, donc toute action, sera privée ; ainsi, la seule chose commune sera le principe du tout privé.

La doctrine représente donc comme seul juste un monde où la privatisation est universelle – autrement dit un monde à la culture ultralibérale et à l’économie ultralibérale, et où le politique ne sera plus là que pour administrer cette situation « normale ».

L’ultralibéralisme commence dans la culture par l’idéologie libertaire : relativisme absolutisé, scepticisme dogmatique, éthique libertaire, etc. Cette culture sert de fait à inhiber ou à rendre incohérente toute critique de l’ultralibéralisme en économie, parce qu’elle détruit au nom de l’individualisme pur toute revendication d’un principe populaire ou national, tout critère sérieux de justice et de morale, et qu’elle coupe à la racine la notion même de Pouvoir.

De la privatisation de tout à la privation de droits

Le politique étant vidé de son sens par l’absence de bien commun, le pouvoir effectif passe à la puissance économique la moins locale et la moins concrète qui soit – la finance – sous le parapluie de l’idéologie et de son Léviathan médiatique. La « super-élite » cartellisée reste longtemps le seul pouvoir cohérent, face à un politique sans pouvoir, délégitimé. La doctrine de John Rawls, démantelant le lien social, tuant le collectif (commun) et faisant mettre le bien entre parenthèses, aboutit à donner tout pouvoir en théorie aux individus, en fait aux puissances privées les mieux organisées, au niveau mondial.

C’est ainsi que la démocratie libérale, formatée par cette doctrine injuste de la justice, se jette dans la ploutocratie, comme le fleuve dans la mer.

L’oligarchie libérale, de plus en plus impopulaire, devient impériale, de plus en plus belliqueuse et militariste. Il lui faut, en effet, s’imposer de force, via la destruction des pouvoirs politiques nationaux, qui sont le seul niveau où pourraient être défendus les intérêts des peuples : solidarité sociale, culture non amnésique, développement économique local et possibilité d’être réellement défendu par un pouvoir politique souverain pouvant soumettre les oligarques.

This Is A Custom Widget

This Sliding Bar can be switched on or off in theme options, and can take any widget you throw at it or even fill it with your custom HTML Code. Its perfect for grabbing the attention of your viewers. Choose between 1, 2, 3 or 4 columns, set the background color, widget divider color, activate transparency, a top border or fully disable it on desktop and mobile.

This Is A Custom Widget

This Sliding Bar can be switched on or off in theme options, and can take any widget you throw at it or even fill it with your custom HTML Code. Its perfect for grabbing the attention of your viewers. Choose between 1, 2, 3 or 4 columns, set the background color, widget divider color, activate transparency, a top border or fully disable it on desktop and mobile.