Le non-sens du féminisme catholique

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Le non-sens du féminisme catholique

La femme moderne de confession catholique, à la question « Qui suis-je ? » réponds : « Moi-même ! » Elle portait jadis le nom de son mari, aujourd’hui ce n’est plus si évident. Elle est encore partie prenante d’une alliance conjugale, mais non sans conditions ; la dépendance est questionnée, car la catholique moderne veut développer sa personnalité et n’entend plus être enracinée dans le particularisme de son couple. L’homme ne lui est plus nécessaire pour accéder à une royauté personnelle ; le monde « libre » – où elle est reine – lui suffit.

feminisme catholique

Elle a reconnu les valeurs de la modernité établies désormais sur une nouvelle unité de mesure, celle de la « personne » qui a remplacé l’unité de mesure familiale des siècles de la tradition, mais elle entend préserver aussi sa famille.

La terminologie, les principes, surtout celui de l’oppression des femmes et les méthodes des études féministes, comme la permanence d’une attitude critique, ont été étendus à la plupart des disciplines scientifiques. Des réseaux internationaux ont été créés pour obtenir la reconnaissance des institutions académiques et politiques et renverser définitivement l’androcentrisme dans la production du savoir ; les nouveaux a priori sont aussi entrés en religion. La femme moderne de confession catholique ne l’ignore pas.

 

 

Elle sait que la doxa anticléricale condamne sa pratique religieuse et qu’en tant que catholique, elle est classifiée parmi ceux qui sont susceptibles de manquer de raison, qu’elle est de surcroît, du fait de sa foi, suspecte de sectarisme et d’intolérance. Elle s’en offusque et n’adhère pas au point de vue critique à son égard de la modernité, mais, quand la bien pensance critique le « mâle », elle fait chorus avec l’opinion libérale et se range du côté de ceux qui la dénigre habituellement. Pour elle aussi, fut-il catholique, l’homme est suspect, son atavisme est en cause, ses arguments sont encore chargés de vains espoirs désormais révolus. Les pères, pense-t-elle, avaient inventé « l’infériorité féminine » dans le dessein pervers de tenir « les femmes » sous leur coupe et maintenir leur puissance. Désormais, le complot est démasqué et le « dominateur » ridicule !

dominateur

Conséquemment, l’homme catholique rencontre des difficultés pour demeurer viril. Bien qu’il soit plus vertueux que la moyenne des mâles, il doit multiplier ses efforts pour attester de son éthique. Il est culpabilisé pour ce qu’il est, sans avoir personnellement commis de crime. D’un côté parce qu’il est catholique et de l’autre parce qu’il est « mâle », par la simple présence de son être, il injurie doublement la liberté et l’égalité conquises de haute volée depuis les lumières,. Seule une richesse matérielle personnelle peut compenser ce handicap inconfortable hérité de sa condition génétique et spirituelle. Il s’agit probablement là de l’une des raisons pour laquelle le catholicisme français, au 21e siècle, concerne de moins en moins le prolétariat.

Les féministes catholiques en viennent à paradoxalement restreindre leur affection envers leurs maris et inclinent souvent à une association et une fraternité plus superficielles dans leur caste biologique. Elles sont alors en phase avec le mouvement général de l’évolution des mœurs qui les éloigne des liens personnels pour métamorphoser ces derniers en des rapports sociaux de masses. Cette nouvelle alliance est malheureusement nourrie d’un sentiment peu évangélique. La logique de liberté et d’ouverture de la société de consommation occupe l’espace religieux par capillarité, comme elle tend à envahir la planète. Elle s’infiltre jusque dans le corps des communautés traditionnelles dont l’art sociétal était celui du don mutuel. Aujourd’hui, la puissance féministe a déployé un tel pouvoir dans l’Église qu’il pèse quotidiennement sur le clergé en charge du culte et du message du Christ.

En quelques décennies, le féminisme à prétention scientifique a terriblement affaibli l’institution du mariage qui fut sacrée en France, comme dans toutes les civilisations qui ont précédé l’ère de l’industrie. De surcroît, il a ouvert la porte à tous les possibles et ce qui fut un sacrement est désormais un type d’institution en péril. Au cœur même de l’Église catholique, le Pape François, le 25 mai 2016, a dit : « la grande majorité des mariages sacramentels sont nuls [fusion_builder_container hundred_percent=”yes” overflow=”visible”][fusion_builder_row][fusion_builder_column type=”1_1″ background_position=”left top” background_color=”” border_size=”” border_color=”” border_style=”solid” spacing=”yes” background_image=”” background_repeat=”no-repeat” padding=”” margin_top=”0px” margin_bottom=”0px” class=”” id=”” animation_type=”” animation_speed=”0.3″ animation_direction=”left” hide_on_mobile=”no” center_content=”no” min_height=”none”][1]». Quand les mariages catholiques sont ainsi qualifiés par le Saint-Père, que faut-il dire des cérémonies ordinaires ? Elles sont des jeux, des fêtes, des prétextes à blagues, rires et plaisanteries. Elles sont gaiement humiliées, avec la bénédiction de l’EPUF[2] et livrées en pâture aux représentations loufoques et saugrenues des couples homosexuels, dont l’art de la parodie et le sens de la fête ridiculisent définitivement le sérieux des fondements.

La dérive du sacrement de mariage est patente et, c’est sous le prétexte d’obtenir une égalité pour ainsi dire « parfaite » que les catholiques en sont arrivés là. Avec la liberté qui n’est que celle de la société de consommation, c’est l’égalité aussi qui triomphe, non pas celle de Saint-Paul (Galates 3.27): « Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme ; car tous, vous êtes un en Jésus-Christ », mais la moderne, inféodée à l’Etat de droit qui gère les masses au même titres que les autres paramètres de son économie de marché. La philosophie du couple traditionnel justifiait les interdépendances par la complémentarité des alliances. Cependant, ces liens sacrés, propres au talent de faire société, étaient et ne pouvaient qu’être inégalitaires dans les rôles, alors qu’ils étaient parfaitement égalitaires dans leur dignité devant Dieu.

Du point de vue féministe, il est évident que ces autres paroles fort célèbres de Saint-Paul : « Femmes soyez soumise à vos maris » (Éphésiens 5.22) sont totalement disqualifiées. Cette disqualification en apparence est logique, car elle sous-entend le refus de la tyrannie ; personne ne défend le despotisme, le consensus est universel. Mais en apparence seulement, car Saint-Paul n’a jamais prôné le despotisme ni la tyrannie. C’est de tout autre chose dont il est question dans cette exhortation. Il en appelle à une attitude évangélique, à la sincérité de cœur, car chacun doit recevoir le bien qu’il aura lui-même fait. Il ne préconise pas un monde où les hiérarchies disparaîtraient, mais une alliance dans laquelle les interdépendances bénéficient du don de soi des autres, christique, général et réciproque. L’absence de dessein dictatorial est confirmée par la suite de l’exhortation de Saint-Paul, car, il demande aux hommes de se donner à leur femme jusqu’au sacrifice suprême (Éphésiens 5.25) : « Maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l’Église et s’est livré pour elle, pour qu’elle soit cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable. »

Marie

Saint-Paul est très loin de l’apologie du despotisme qui est dénoncée par la position féministe. Cependant, quand on situe ses paroles face à l’idée contemporaine d’un bonheur facile, individualiste, matérialiste, artificiel et vénal, il est vrai qu’il demande beaucoup – aux femmes comme aux hommes – et l’on a du mal à porter crédit à ce genre de sermon. Le contexte social était autre, Saint-Jean également en référence au Christ dit (Jean 3:16) : « Nous avons connu l’amour, en ce qu’Il a donné sa vie pour nous ; nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères ». La générosité, la bonté dans les temps anciens, comme l’hospitalité, étaient des principes communs. La réciprocité dans la solidarité – le don mutuel – étaient prônés pour des raisons religieuses et sociales. Le tournant idéologique, réalisé par Mandeville, dont le précepte fut : « les vices privés font le bien public ! » n’était pas encore accompli et, à ce moment-là, il était probablement inconcevable qu’il le soit un jour. Les principes d’Adam Smith concernant la richesse des nations, qui ont établi le monde moderne et ont permis l’avènement de la croissance industrielle, n’avaient pas encore été formulés. On croyait que la Cité, comme la Nation, devait être établie sur des normes éthiques.

Il est très rare, au 21e siècle, que la mariée demande à l’élu qu’il meure pour elle et, avec la main de l’élue, que le mari demande aussi qu’elle soit soumise. En conséquence, de prime abord, le débat est anachronique. Il est de surcroît périmé aussi parce que l’autorité contemporaine s’est simplifiée en se concentrant sur sa dimension pécuniaire. Et cette dernière est suffisamment difficile à vivre pour que personne ne souhaite y adjoindre des coercitions aujourd’hui désuètes. Les autorités relationnelles qui furent d’usage dans les familles, les villages, les communautés, sont superfétatoires et mal tolérées. L’individualiste contemporain ploie déjà sous le fardeau des fins de mois difficiles dans les populations modestes, il ne souhaite pas en rajouter.

Toutefois, la question de la dépendance de la femme à son mari ne peut pas être condamnée sans nuance, car l’art associatif qui fonde les sociétés humaines repose sur l’intelligence des interdépendances qui donne une perspective à la confiance réciproque, l’engagement responsable et la fidélité mutuelle. Ces vertus tendent à l’anachronisme dans la société de consommation, mais ce n’est pas certain que la femme émancipée dont il est question dans notre problématique ait réellement intérêt à les perdre.

Les sociétés catholiques qui ont précédé l’ère de l’industrie déclinaient sujétions et soumissions multiples, mais ces apparences pénibles cachaient aussi des trésors ; et comme le sens du sacrifice chrétien, elles portaient une très grande humanité. Du moins, c’est ce que beaucoup de gens ont cru et qui est radicalement nié aujourd’hui.

Au 21e siècle, les féministes catholiques cautionnent le postulat de la domination des hommes sur leurs compagnes (confinées au foyer et contraintes aux tâches domestiques) pour mieux s’octroyer la gestion du monde par égoïsme de caste. Or, pendant plus de dix siècles, qui ont précédé l’ère de l’industrie, la culture catholique, alors dominante, avait porté le message évangélique dans le dessein de, précisément, s’opposer aux dérives tyranniques des différents pouvoirs. Pour approuver la nouvelle histoire, écrite par les féministes, il faut non seulement admettre leur postulat, mais aussi, le compléter par celui de l’échec radical des tentatives d’évangélisation de l’église pendant plus d’un millénaire, en niant les vertus traditionnelles du peuple catholique mâle d’une façon systématique.

Les êtres humains partagent une bonté commune, tout en étant hétéroclites, certains sont plus vertueux, d’autres moins, certains sont des saints, il y a aussi quelques monstres. Mais il est indéniable que globalement la civilisation catholique a prôné les vertus pour chacun et une éthique pour tous. Elle a échoué à éradiquer le mal – il est vrai – toutefois depuis qu’elle a été rangée à la rubrique « obscurantisme » par les lumières du 18e siècle, ces dernières ont créé le monde industriel, mais n’ont pas mieux réussi l’éradication du mal. De surcroît, la modernité a perdu l’art des interdépendances et des responsabilités partagées, dont l’ersatz sociétal est confié depuis lors à l’État qui gère les masses dissociées. Les autorités particulières ont été parfois défaillantes, mais l’autorité de l’État l’est plus encore.

L’idéologie féministe qui est résolument une idéologie de « progrès » entend faire admettre aujourd’hui que les aïeux mâles furent globalement de mauvaises personnes, c’est un peu gros !

La façon de procéder est caricaturale, elle consiste habituellement à décrire un acte d’une inhumanité insupportable, dans un cadre où un homme est en position d’autorité. Un inceste par exemple et de laisser entendre que le monstre décri est générique du genre masculin. L’équation est : femme soumise + autorité masculine = dérive monstrueuse. L’exhortation de Saint-Paul est directement visée par le procédé. La conclusion est sans appel : stop à toute autorité masculine ! Si pendant de nombreux siècles les femmes furent victimes des hommes, autant dire que le message du Christ n’a jamais été entendu et que la vieille Église est à mettre à la corbeille. L’équation féministe est un déni de chrétienté masculine, un déni de la réciprocité de l’homme dans le don.

Veillée de prière en couple

Au-delà du catholicisme, c’est aussi la civilisation qui est compromise, sa délicatesse, son humanité, sa capacité à respecter l’autre ; celle du sens commun, de la conjugalité loyale et de l’amour, celle qui a donné sa base sociétale associative et responsable aux peuples influencés par le christianisme en Europe et ailleurs. Elle fut portée par l’amour conjugal probablement le plus élevé que notre espèce ait connu.

Elle : je te reçois comme époux et je me donne à toi.

Lui : je te reçois comme épouse et je me donne à toi.

Ensemble : Pour nous aimer fidèlement dans le bonheur et dans les épreuves et nous soutenir l’un l’autre, tout au long de notre vie.

Cet engagement est-il donc nul ?

L’Église catholique offre la Cité de Dieu qui n’est pas de ce monde aux hommes, mais elle offre aussi un diamant pour la Cité des Hommes : son couple, probablement le plus grand apport qui ait été fait à notre civilisation.

Il est fort regrettable de le détruire de l’intérieur.

 

Juliette et Roméo Bey

 

 

[1] Le pape François a demandé que les préparations au mariage soient davantage approfondies, faute de quoi « la grande majorité des mariages sacramentels sont nuls ». Termes exacts, attesté par Sébastien Maillard (à Rome), le 17/06/2016

http://www.la-croix.com/Religion/Pape/Aux-yeux-du-pape-la-grande-majorite-des-mariages-sont-nuls-2016-06-17-1200769522

[2] Église Protestante Unie de France[/fusion_builder_column][/fusion_builder_row][/fusion_builder_container]

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