La nasse de la coercition pécuniaire et le monopole du sens

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La nasse de la coercition pécuniaire et le monopole du sens

monopole 

Maints livres sont écrits pour expliquer que de surnaturel nenni, mais, au-delà de la religion, la notion de divin est aussi de l’ordre du vivre ensemble ! La dimension spirituelle de l’Homme a assumé la cohésion – l’UN social – dans toutes les civilisations traditionnelles. Pour que le pouvoir n’appartienne pas à un seul homme, au-delà de toute tentative de pouvoir personnel, la tutelle communautaire s’exprimait symboliquement par le divin et le chant. La religion était cette autorité qui extériorisait et sacralisait les fondements. De ce fait, elle tenait à l’écart toute alternative « de l’intérieur », qui aurait manifesté un désir d’accaparer à titre individuel le pouvoir, de décider ou d’incarner les normes (le Bien, le Juste, le Vrai) et corrélativement d’imposer ses vues personnelles. Le monopole du sens et sa coercition nécessaire étaient le privilège d’un être surnaturel ; en conséquence, indépendamment d’abus inévitables, il fut donc, sur le fond, un facteur tendant à préserver les hommes de l’autocratie jusqu’à l’advenue de notre ère.

À l’heure de l’industrialisation du monde, le libre jeu des achats et des ventes donne forme à la société. L’extériorisation de l’autorité n’est plus confiée à un être transcendantal, mais à l’argent. La liberté économique impose l’adhésion de ceux qui achètent et de ceux qui vendent aux innombrables transactions qui modèlent le monde (que leurs effets leur plaisent ou non). Elle tente d’interdire la constitution de micropouvoirs non pécuniaires qui perturberaient ce jeu, comme la religion tentait d’interdire toute alternative de sens. Ainsi, les relations humaines sont désormais ordonnées par l’économie du capital qui est la nouvelle tutelle sociale. La suppression de toute tyrannie et du concept de petits chefs y est radicale, pour autant, cette métamorphose n’a pas annihilé la répression nécessaire au maintien d’une rigueur coercitive, elle l’a simplement déplacée.

Le monopole du sens a été remplacé par une nasse économique.

L’être humain aujourd’hui est pris dans des liens invisibles et, bien qu’il puisse être conscient, il est impuissant dans ses efforts d’autonomie. Une coercition pécuniaire globale mène chacun, jusqu’aux plus petits détails de sa vie quotidienne, contraignant les masses. Le nouveau profil de la condition humaine est celui de l’individu qui court après l’argent du matin au soir, non pas pour s’enrichir mais juste pour ne pas déchoir. Il est fait prisonnier dans un marché apparemment ouvert où le filet libéral tient les humains dans les rets de la nasse.

Bien que chacun résiste, il est impuissant devant les forces qui l’emportent. Il a beau travailler dur, il ne s’enrichit pas. S’il accumule un temps, bientôt il est en dette. Il est impossible d’échapper au joug qui se pare des adjectifs « libre et démocratique ».

Briser la structure de la nasse est tout simplement irréalisable. À ce moment précis où l’humanité est impuissante, au-delà de la disgrâce individuelle, le problème est aussi pervers politiquement. Le pouvoir dissociant de la gouvernance économique, maître du jeu, achète tout ce qui compte et se vend, les journalistes, les politiciens… Il s’emploie à dissuader toute alternative politique, toute structure d’entraide traditionnelle. Il dissocie les couples, les familles et les nations, pour rendre impossible aux masses affaiblies de libérer des options, de créer une force collective et laisser une lueur d’espoir. Sous le joug de ses administrateurs, hommes politiques et médias – qui tous lui appartiennent – personne ne peut plus trouver de porte de sortie.

Inéluctablement à la base, le citoyen honnête, recevant des sommations répétées, est amené à se vendre lui aussi au tarif en vigueur.

La mutation a détruit tout monopole du sens. Il n’y a pas si longtemps, les gens chantaient dans les églises et dans la rue. La métaphore du chant est grande et le divin plus encore. Le jour où le divin nous aura quittés, notre espèce disparaîtra, car il est la vie dans son essence. Aujourd’hui, dans la nasse, c’est la lutte finale de chacun contre tous, cependant, il n’y a qu’une issue à ce combat stupide, l’UN social du bien commun, notre bonheur en dépend et l’avenir de la Terre dépend de notre bonheur.

Juliette & Roméo Bey

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