L’évolution de la place des conditions matérielles dans la relation amoureuse

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L’évolution de la place des conditions matérielles dans la relation amoureuse

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Dans la majorité des cas, pour le fils du paysan A et la fille du paysan B, qui s’alliaient, la question économique n’était pas négligée. Cependant – parce qu’ils s’unissaient pour la vie – le contexte impliquait que le(la) conjoint(e) devait être une « bonne personne » apte à devenir sa moitié pour le restant de ses jours. Ils étaient conséquemment tous deux pris dans une logique qui les définissait d’abord par leur empathie et leurs vertus. Leur propension au dévouement et leur sens des respectabilités devaient être attestés. Ce qui implique que, pour les populations paysannes modestes, le potentiel d’affection et les affinités sexuelles passaient nécessairement avant la question des bouts de terre obtenus par alliance, mais, bien entendu, ces derniers étaient aussi pris en compte, à une place sérieuse mais auxiliaire.

Pour la citoyenne-salariée-droitdel’hommiste femelle et le citoyen-salarié-droitdel’hommiste mâle actuels, qui tentent de s’unir, la propagande nous fait savoir qu’ils se choisissent mutuellement par amour. Déjà, ce n’est pas toujours vrai, car le marriage-business est une affaire activement développée dans le monde moderne, mais nonobstant l’option, considérons le cas de deux partenaires en quête d’affection, d’amour, de tendresse, de sexe partagé et même de velléités familiales (ce qui tend à disparaître, mais que nous leur accordons, par pur fair-play, dans notre analyse). Dans ce contexte, l’accent est inéluctablement mis sur ce que l’un apporte à l’autre et non pas sur les vertus d’un conjoint, envers lequel aucun ne s’engage sur dans une durée improbable ; le long terme est un éventuel miracle qui pourrait théoriquement fleurir, mais qui demeure une chimère dans un contexte social à courte vue.

Si, dans une société où tout s’achète et tout se vend, l’amour est une consommation, alors, il est conséquent de valider toute demande profitable, il est cohérent qu’au gré des désirs, il évolue par séquences sur le court terme et qu’il change de main, comme toute marchandise qui se respecte. Bien entendu, toute personne prétendument « libérée » valide « ingénument » le bluff d’un recul des préoccupations matérielles, pour le meilleur bénéfice de la « spontanéité » amoureuse, mais cet argument ne convainc que les benêts subjugués par le processus.

À l’ère de l’industrie, elle et lui ont été instrumentalisés par un système qui les a éduqués et dressés à se vendre. L’enjeu de l’économie n’est plus « le bout de champ » d’une société paysanne, mais « eux-mêmes », individuellement, devenus des objets du marché, qui cherchent à se placer en tant que conjoints (ou partenaire sexuel), comme ils se placent en tant que salariés. Ceux qui imaginent que, dans ce contexte, l’amour est premier et que la question économique est subsidiaire, sont de doux rêveurs ou de fichus hypocrites.

C’est dur à entendre, mais il faut bien l’admettre, pour nos aïeux, le champ était le capital, pour nous, c’est notre propre chair qui l’est devenue ! Sous l’effet de la propagande, il est particulièrement cocasse d’entendre ceux qui sont devenus des objets économiques parler de vénalité au sujet de leurs ancêtres qui, dans les temps antérieurs à l’industrialisation du monde, ont vécu tout autrement. Ceux-là étaient capables de s’allier et de vivre la main dans la main, toute une vie, bien au-delà des mesquineries et de l’étroitesse d’esprit de notre stupide société du spectacle, dite d’abondance.

Le monde libéral se targue d’avoir révolutionné positivement les mœurs, d’avoir libéré l’amour, d’avoir        libéré la femme. Il invoque cet argument pour attester de sa supériorité sur les civilisations traditionnelles qui l’ont précédé. Il les qualifie de rustres et il les dénigre. Car, selon son pipeau idéologique l’homme libéral, contrairement à l’homme traditionnel, se serait élevé dans la maîtrise de son corps. L’évolution aurait fait de lui une personne civilisée, adepte de l’égalité des sexes, recherchant l’amour vrai, respectueux de l’autre, quand bien même l’autre est une femme physiquement moins forte que lui. Jusque-là tout irait bien pour la propagande libérale et ses merveilleuses allégations, si elle ne se trouvait prise au piège de ses propres contradictions. En effet, tous les 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, nos médias tiennent un discours accablant, aux antipodes de la belle théorie, en révélant que les femmes sont victimes des hommes et notamment en France, où 75 000 femmes sont violées chaque année. Vous pouvez retourner le chiffre dans tous les sens : plus de 200 par jour, une toutes les 10 minutes ; de plus une femme meurt sous les coups de son compagnon ou ex-compagnon tous les 2 jours ½. Violences qui ne seraient pas pour l’immense majorité d’entre elles – statistiques à l’appui – le fait de psychopathes, de malades qu’il faudrait soigner, mais l’effet commun de ce que le système libéral, qui donne à ce sujet des leçons aux peuples dits archaïques, qualifie et appelle du nom de : volonté du mâle à dominer.

Or nous avions cru entendre que la « civilisation » libérale s’était attribué le mérite de s’être débarrassé de ce fléau, action qui ferait son honneur, dont elle se glorifie en premier chef et dont elle tire argument contre ses adversaires. Hélas, le 25 novembre de chaque année, son logiciel bugge… et dévoile les mensonges de son propre baratin : la honte pure ! Il est vrai que les chiffres de l’INSEE semblent gonflés, mais que l’on se tourne d’un côté comme de l’autre, la seule chose que l’on peut espérer est : « Que les idéologues : la ferment ! »

En fait, le sexisme et la guerre des sexes ne furent jamais aussi intolérables que dans la civilisation du self-love libéral. La tradition est incommensurablement meilleure de ce point de vue. Mais les idéologues, inlassablement, la diffament et la revêtent de leurs propres travers, pour s’en exonérer. S’ils ne le faisaient pas, ils devraient dévoiler le pot aux roses et reconnaître enfin, que l’évolution libérale, arguant de la libération de la femme et de l’amour, n’est en fait que celle de sa marchandisation. Les réalités sont bien là et, une fois levé le voile du tabou, les explications sont elles aussi limpides. Une culture qui prône l’égoïsme et qui donne plein pouvoir à l’argent ne produit pas des relations de couple bienveillantes, elle encourage les amours contrefaits, la vénalité et une exécrable guerre de tous contre tous.

La suppression des frontières, comme l’ouverture du monde du travail aux femmes, leur indépendance économique et la maîtrise de la contraception auraient dû, effectivement, favoriser l’essor du pur amour. Paradoxalement la superficialité des sentiments est sans précédent. Quand on se fait plaisir en prenant pour épouse celle qui pour se faire plaisir prend pour époux un partenaire complaisant, l’amour est facile, toutefois fragile. La modernité prétend le protéger de toute vicissitude, le soustraire aux adversités et l’installer dans un confort de pacotille. Dans les mariages traditionnels, l’ambition de faire face aux difficultés, les solidarités et le courage partagé alimentaient une flamme que le couple gardait dans son cœur. Un trésor amoureux engrangé en hiver, sur lequel il appuyait sa prospérité quand l’adversité fléchissait et que le ciel redevenait bleu. La flamme, qui ne s’était pas éteinte dans les difficultés de la vie, renaissait alors, plus sûre d’elle-même. Dans l’adversité, dans les épreuves implacables, chacun montrait son vrai visage et la plus belle humanité montrait son véritable éclat.

Les contextes noirs du passé étaient paradoxalement des conditions favorables pour mettre la lâcheté à la porte. Les hypocrites fuient. Ceux qui ont au cœur la loyauté restent. L’épreuve fait le tri. L’adversité ploie. Il s’agissait de vaincre contre toute attente. Unis, face à leur destin, les amants fidèles redressaient les situations difficiles. Moins affectés, moins clinquants, mais plus proches, grâce à une intime loyauté, les amants jadis faisaient naître le bonheur dans le paradoxe de leur engagement.

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